Compagnonnage

// L'Eden cinéma //

de Marguerite Duras

Du 10 au 25 juillet 2018 [ Comédie Nation – Paris ]

Création avec les étudiants en fin de cursus de l’Ecole de Formation de l’Acteur Auvray-Nauroy.

Production: Ecole Auvray-Nauroy / Coproduction Cie Choses Dites

Direction /Mise en Scène : Muriel Vernet – Cie Choses Dites

Collaboration artistique- Lumière : Dominique Pasquet

Avec : Léo Kauffmann, Hadrien Marielle-Tréhouart, Aude Mondoloni, Santiago Montequin, Feriel Salhi

 

Quelques Notes …

L’Histoire….

L'Eden Cinéma, (1977) est une réécriture pour le théâtre d’un des premiers romans de Marguerite Duras Un Barrage contre le Pacifique (1950), qui met-en scène sa mère etnous plonge dans l’histoire de sa jeunesse dans les colonies d’Indochine française, que Duras ne cessera d’interroger encore, avec L’Amant (1984) qui la rendue célèbre, puis L’amant de la Chine du Nord (1991).

 La pièce raconte la fin de la jeunesse de Suzanne et de son frère Joseph, qui vivent avec leur mère– « Mère Courage Insensée » seule avec ses deux enfants face à la violence de l’administration coloniale qui l’a ruinée lui ayant vendue des terres incultivables, face à la violence du Pacifique, qui recouvrira et brulera les récoltes et contre qui elle construira des barrages à chaque grande marée détruits, face enfin à cette situation de « déclassée » de « blanche mais pauvre » dans cet univers colonialiste. Aussi la venue d’un homme riche – Mr Jo – (qui deviendra la figure de L’amant dans le roman de 1984) - l'homme aux diamants et aux belles voitures qui fascine les adolescents, et son regard qu’il pose sur Suzanne, déclenchera de nouvelles folies chez la mère…

Trois questions à Muriel Vernet

 Pourquoi Duras ? Pourquoi L’Eden Cinéma ? Pourquoi avec de jeunes acteurs ?

Tout d’abord parce que l’œuvre de Marguerite Duras m’accompagne depuis tout temps… Parce qu’aussi en tant que metteure en scène j’ai déjà travaillé, éprouver au plateau son univers et son écriture ; j’ai notamment créée pour la scène Le Camion d’après le scénario du film – 2008/2009 - et dernièrement adapté son roman La Pluie d’été (2017) – enfin j’ai proposé de nombreuses lectures autour de ses divers écrits.

Son œuvre est éminemment universelle, intergénérationnelle et inépuisable… Traversée toujours par des forces reconnaissables par tous, des thématiques qui appartiennent à tous : L’enfance et La Mère, L’amour et Le désir, La guerre et la Lutte, La mort… Je sais que chez elle la frontière entre roman, théâtre et cinéma est poreuse… Que « la parole est porteuse de tout », ou encore si «on voit rien, on voit tout »…

 Alors pourquoi L’Eden Cinéma et avec de jeunes acteurs ?

L’Eden Cinéma, adaptation du roman fondateur chez Duras, est une pièce sur l’enfance, la jeunesse, sa liberté et sa perte… Son titre même, nous dit quelque chose sur une « idée du bonheur », de « Paradis », en tout cas de sa recherche, et qui chez Duras devient « Le Malheur merveilleux »… Le Paradis perdu … Et puis il y a « le Cinéma » : autre champ d’investigation chez Duras et pas des moindres…Ce champ de tout ce que l’on projette, de ce que l’on phantasme…

Ce serait donc « le paradis du cinéma perdu » ? Le cinéma (encore) muet ? Quand on connait les colères de Duras sur le cinéma de grande exploitation, c’est tentant de jouer avec cela…

Et surtout avec des jeunes acteurs d’aujourd’hui ; la pensée de Duras n’a pas pris une ride (ses caprices oui…) – quand on lit ce qu’elle écrivait dans les années 70 sur les banlieues, les émigrés ou sur le partage des richesses, on est anéanti par notre immobilisme ou notre amnésie…

Enfin dans l’œuvre de Duras, court un énorme rire, une joyeuseté sans pareille, parce qu’obliger d’être résistant face au fracas du monde quel qu’il soit, de quelque époque qu’il date ; ( dans l’Eden Cinéma, il y a une scène magnifique consacré à ces fous rires familiaux et habituels…)

Aussi, ces 5 jeunes acteurs (correspondant à la distribution – 3 hommes/2 femmes) ont été « émerveillés » par cet écrit, (ne connaissant malheureusement peu Duras), et ils sont les mieux placés pour savoir ce qui leur parle, ce qu’ils peuvent défendre, dans ce monde où on les veut tristes et résignés…

(Le système nous veut triste et il nous faut arriver à être joyeux pour lui résister disait Deleuze...)

Enfin, jamais ils n’ont travaillé sur un texte de Duras, et je trouve que c’est un endroit pour eux d’éprouver ce que c’est qu’être acteur… Passeur, porteur d’une écriture – qu’elle soit théâtrale, romanesque ou cinématographique, dans un engagement absolu de « vérité » qui de fait est partageable avec le public…


// Music-Hall //

de Jean-Luc Lagarce

Du 7 au 29 juillet 2017 [ Théâtre de Belleville – Paris ]

Création avec les étudiants en fin de cursus de l’Ecole de Formation de l’Acteur Auvray-Nauroy.

Production: Ecole Auvray-Nauroy / Coproduction Cie Choses Dites

Direction /Mise en Scène : Muriel Vernet – Cie Choses Dites

Collaboration artistique- (musiques et chants) : Olav Benestvedt

Création Lumière : Julien Cialdella

Avec : Marine Bellando, Floriane Comméléran, Tristan Diquero, Marion Tecquert, Flore Tricon
(Etudiants en fin de cursus de l’Ecole de Formation de l’Acteur Auvray-Nauroy)
 

« Il y a toujours un lieu comme ça, dans ce genre de ville, qui croit pouvoir servir de music-hall : c’est dans ce lieu que cela se passe » (Jean-Luc Lagarce)

 
Music-hall c’est l’histoire d’un trio - La fille, chanteuse de music-hall un peu fêlée et ses deux boys, qui pour la énième fois, s’apprêtent (à priori), à entrer en scène en ressassant leurs vies … Mais qui sait ? peut-être répètent-ils inlassablement leur entrée en scène, en (ré) inventant leurs vies … Music-hall nous parle donc du Théâtre, de cette aventure toujours fragile mais toujours source de joie, et toujours nécessaire. « On joue et de jouer, on dit le vrai plus vrai que le vrai » (JLL) Ici, ce trio initial sera un quintette : cinq jeunes acteurs (trices) en sortie d’Ecole, se partagent ces figures, mélangent les genres artistiques, traversent l'univers de Lagarce avec douceur et humour... Entre Théâtre et Cabaret, nourris aussi par le cinéma, ils s'emparent en chœur de cette langue organique, à la fois tendre et caustique, la mettant en écho à un univers musical éclectique et salutaire.

Trois questions à Muriel Vernet

L'origine du projet ?

La création d'un spectacle mis en scène par un professionnel et produit dans un théâtre parisien, s'inscrit dans le cursus pédagogique de l'Ecole Auvray-Nauroy qui le propose à ses étudiants de quatrième année, en clotûre de leur formation.

 Pourquoi Lagarce ?

Embarquer quelques jeunes acteurs-trices en sortie d’Ecole dans un projet de création, avec pour cahier des charges de monter une pièce tout public (et non un montage) d’une durée d’1h-1h15 environ, avec quatre filles et un garçon, n’était au départ pas chose aisée. Quelle œuvre choisir ? Pourquoi m’est venue l’idée de travailler sur Music Hall de Jean-Luc Lagarce ? J’aime profondément le Théâtre et la Langue de Lagarce, comme j’aime et ai beaucoup travaillé sur le Théâtre et la Langue de Gabily. Les correspondances entre eux sont nombreuses et leus univers me sont éminement familiers. Ecritures intempestives donc, poétiques et politiques : traverser et éprouver la langue organique de l’un et l’autre est une magnifique expérience fondatrice pour de jeunes acteurs.

 Pourquoi Music-Hall?

Tout d’abord j’aime travailler sur le Théâtre ; j’aime ouvrir ces fenêtres du Théâtre dans le Théâtre ; j’aime la machinerie, j’aime la distance et l’humour qui découle toujours de ne jamais oublier que l’on est au Théâtre. Que l'on joue à jouer. Aussi, j’aime les histoires qui parlent du Théâtre - donc du Monde et de nous-mêmes -, de cette aventure toujours recommencée, fragile, toujours « menacée par la perte » et toujours source de joie. De plus avec de jeunes acteurs-trices, c’est questionner aussi leur Théâtre et leur engagement.

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