Hommage à Gabily

Ange, Art, Agonie (ébauche) – Eté 95, dans A tout va, journal

Forme croisée Danse Lecture (fragments) - Cie Choses Dites – Muriel Vernet

Lundi 14 novembre à 14h30 - Théâtre Monfort – Paris.

Conception : Muriel Vernet

Danse / Chorégraphie : Margaux Marielle-Tréhouart

Lecture : Sébastien Depommier et Muriel Vernet

Lumière : Julien Cialdella 

 

 

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J’ai connu Gabily par le livre, le « Corps du délit »….

Je ne l’ai jamais rencontré, je n’ai jamais travaillé avec lui, je n’ai jamais vu ses mises-en-scènes. Pourtant je suis de la génération qui aurait pu ; mais j’étais à l’époque dans une autre aventure essentielle, celle de Chaillot avec Antoine Vitez, Madeleine Marion, Yannis Kokkos pour ne citer qu’eux.

Cette première rencontre solitaire, dans l’invisible et le silence en soi de la lecture, fut une déflagration…

Quand je l’ai éprouvé au plateau, de même et encore plus, et m’est apparu la nécessité absolue de le faire entendre aujourd’hui et demain….

La langue vibratoire de Gabily, cette absolue non séparation du poétique et du politique en fait un des grands poètes Intempestifs d’aujourd’hui et des temps à venir… Elle continue d’agir au-delà de son temps….

« Partout où il y a le refus du monde tel qu’il est, il y a la possibilité nouvelle de la prophétie »

écrit Henri Meschonnic, et Gabily est de ceux-là.

 

J’ai donc beaucoup travaillé sur son œuvre (son théâtre, mais aussi ses poèmes, écrits, articles, chansons, romans, tout cela n’étant pas séparable…) en proposant des formes atypiques, déambulatoires, dans des lieux singuliers.

J’ai aussi souvent transmis et fait travailler des jeunes acteurs en écoles qui s’emparent et s’engagent, toujours de façon éclairante, de l’œuvre et de la langue de Gabily, témoignant encore une fois de sa force intempestive.

Je connais une jeune femme qui fait une thèse sur Gabily, Elisa Violette Bernard, qu’elle intitule « L’écriture de Gabily, dangereuse comme l’est toute nuit » reprenant cette phrase à Jean Genet…

Correspondance et résonnances oui… Mais aussi avec Claudel, Hugo, Hölderlin, Büchner, Botho Strauss, Peter Handke, Yannis Rítsos, Marguerite Duras, sur lesquels j’ai travaillé avant de découvrir Gabily …. Et tous ceux /celles-là sont ses « âmes frères » ... Qui se mêlent au cortège des sans-voix, des oubliés…Toutes « les petites âmes obstinées » qui habitent ou visitent « son joyeux désert » …

 

Aujourd’hui pour ce « salut à Gabily », j’ai choisi particulièrement cet écrit-poème « Ange, Art, Agonie »…

Texte qui nous parle de l’Ange, des Anges de Klee, de celui de Walter Benjamin et d’Heiner Müller…

Qui nous dit notre humanité toujours fragile face au fracas du monde…

« Vanités des Vanités et poursuite du vent… »

Et ce texte sera éprouvé au plateau par « le corps qui danse »…

Dansez, dansez, sinon nous sommes perdus ! (Pina Bausch)

Muriel Vernet, octobre 2016

 

 

« .. La voix dit

Je ne vois rien.

La voix dit

J’entends peu.

De petites âmes s’avancent. Je les perçois. Rien. Il y a un cortège qui ne correspond pas au suicide du monde et qui s’avance.

C’est déjà un cortège, merde, me dis-je, je l’ai vu, il occupait tout le jardin, je l’ai vu.

Le monde ne le contient pas.

Et le monde va choir, me dis-je, merde, je l’ai vu, ce cortège, j’en suis sûr. »

 

(DG Gabily, Pour le Théâtre des Bernardines, Mars 1996)

 


Programme complet des 3 Journées d’hommage à Didier-Georges Gabily au Montfort Théâtre

Entrée libre - Réservation conseillée au 01 56 08 33 88.

Plus d’informations sur lemonfort.fr et théâtre-contemporain.net

 

 

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