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Et si on jouait
au Camion,Marguerite?

d’après « Le Camion » de Marguerite Duras

Création 2008

« Théâtre cinématographique » ou « Film théâtral », d’après le « livre scénario » du Film « Le Camion »

Conception et mise en scène : Muriel Vernet

Conseiller dramaturgique : Claude-Henri Buffard

Assistant mise en scène : Dominique Pasquet

Film : Jean Guillaud

Musique : Grégoire Gilg

Lumière : Albert Lesieur

Décor : Philippe Guillaud

Costumes : Emmanuelle Besson

Avec : Isabelle Prim, François de Féline, Grégoire Gilg, Jean Guillaud et la participation de Madeleine Marion

« Le Camion » (1977) est publié aux Éditions de Minuit


« La majorité c’est personne, la minorité c’est tout le monde » (Gilles Deleuze)

« - C’est un film ? - C’aurait été un film (…) C’est un film. »

Premiers mots échangés au tout début du film entre Gérard Depardieu et Marguerite Duras. Avec « Le Camion », Duras ose un parti pris inouï : elle fait un film où l’écrit et la parole sont porteurs de tout,

où « l’image » proprement cinématographique ne montre jamais rien de l’histoire.Et cette histoire est d’une simplicité absolue, histoire de quatre sous qui nous est seulement racontée (par Duras, texte en main):

celle d’une femme, sans âge, (Marguerite ?) qui « ferait du stop » et qui n’arrêterait que les camions, et parle, raconte… Sa vie ? Ses vies, la vie, les vies… à un camionneur, tous les camionneurs (qu’aurait pu être Gérard Depardieu, qui l’écoute), les hommes de passage.

Je suis sûre que tout le monde peut se reconnaître en elle, que tout le monde, au fond, aspire à cette simplicité-là, à cette liberté –là. Elle n’a plus peur de rien, cette « dame du Camion », et ces histoires font du bien, parce qu’elles sont à la fois fragiles et concrètes, drôles et violentes, sans jugement ni commentaire, ni concessions.

Interchangeables aussi, à inventer toujours, le « on dirait que » des enfants…dans leurs propositions de jeu…

Ce futur antérieur, c’est le temps de l’enfance, c’est la matrice de tout… et c’est aussi le temps du théâtre…

Alors nous aussi, nous allons « faire notre cinéma » sur le plateau du théâtre où « la parole est souveraine, porteuse d’image à l’infini ». C’est ce frottement de l’image et de la parole, ou plus exactement de la poésie de l’image et de la parole poétique au théâtre qui m’intéresse encore de creuser.

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Enfin, si ce projet s’appelle Et si on jouait au Camion, Marguerite ? Ce n’est pas seulement pour « prendre du champ » face à cette œuvre singulière, littéraire et cinématographique qu’est Le camion. C’est aussi pour rendre hommage à la dimension ludique et de merveilleuse arnaque que recèle Duras. Esprit frondeur, souvent de mauvaise foi, mais d’une puissance d’acuité, de liberté, d’engagement et résistance remarquables, n’ayant pas pris une ride …

J’aime espérer que le théâtre est encore le lieu de cet esprit et de cette parole, à partager.

Muriel Vernet – mars 2008

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